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Orion est une compagnie pharmaceutique finlandaise, qui a une part très importante du marché du médicament en Finlande que cela soit en humaine ou en vétérinaire. Elle développe, produit et vend des médicaments, des principes actifs et des tests diagnostiques pour le marché mondial. En santé animale, c'est Orion qui a la première position du marché, dans les pays nordiques. C'est elle qui a développé le domitor et le domosedan. (en santé animale, ventes nettes pour 2008 : 67,2 millions d'euros)

Il y a deux principaux distributeurs pour les médicaments vétérinaires en Finlande : Oriola  et Tamro. Oriola est une compagnie fille d'Orion. C'est Oriola qui distribue les produits d'Orion.

Orion, Oriola et Tamro sont des sociétés placées en bourse. Elles n'appartiennent pas à des vétérinaires. En Finlande, ils ne sont donc pas impliqués dans la distribution des médicaments vétérinaires.

Les laboratoires et producteurs de médicaments étrangers sont pour la plupart distribués par Oriola (ex :Intervet/Schering Plough Animal Health, Pfizer, Merial, Vetscan...).

La loi interdit aux vétérinaires finlandais de faire du profit sur la vente des médicaments. "Les chirurgiens vétérinaires ne peuvent pas facturer plus pour les médicaments qu'ils fournissent que ce qu'ils ont payé eux même à la pharmacie ou au distributeur". (Actes et décrets sur les médicaments 395/1987). D'après la loi, ils devraient donc vendre les médicaments exactement au prix d'achat. En pratique, une marge de maximum 10% est tolérée, et sert à payer les frais du vétérinaires (frais de transport, médicaments périmés..). Les pharmaciens auraient fait pression sur le gouvernement pour que cette loi soit votée. C'est un système très "amical" pour le client.

Cela constitue une grande différence par rapport à ce qui se passe dans les autres pays que j'ai pu visiter, où la vente de médicaments représente parfois jusqu'à 30% du chiffre d'affaire du vétérinaire. Les vétérinaires finlandais que j'ai interviewés ne sont pas très contents de cette loi.  Tout ce qu'il y a autour de la délivrance de médicaments leur prend du temps et de l'argent (stockage, main d'oeuvre, médicaments qui se périment...).

Financièrement, leurs revenus sont cependant semblables à ce que l'on peut trouver en France (exemple pour des vétérinaires employés, salaires mensuels compris entre 3200 euros et 4000 euros dans les cliniques vues).

Cette loi interdit aussi la vente de tout narcotique par les vétérinaires. Avant, ils pouvaient délivrer du phénobarbital ou du diazépam. Ils délivraient alors aux clients la quantité strictement nécessaire au traitement de leur animal.

Aujourd'hui, ils prescrivent ces produits, et les clients se fournissent auprès des pharmacies (qui ne déconditionnent pas les médicaments.)

Les vétérinaires doivent avoir examiné l'animal pour lui prescrire des médicaments.

Ils doivent fournir aux clients une prescription expliquant l'utilisation des médicaments délivrés (durée du traitement, quantités...), et garder une trace de tous les médicaments qui ont été vendus (quelle quantité, à quelle dose, à quel patient...). En pratique, ces données sont rentrées dans les dossiers des patients. Les cliniques vétérinaires sont contrôlées par le gouvernement, qui s'assure que les données sont conservées, et que le vétérinaire a fourni des instructions complètes à son client.

En rurale, les éleveurs et les vétérinaires signent en général un accord de plan de santé. Pour les fermes bovines, le vétérinaire doit y faire une visite tous les 3 mois, pour les fermes porcines tous les 2 mois. Pendant ces visites (payantes), le vétérinaire regarde l'état général des animaux, vérifie que l'éleveur conserve correctement ses médicaments et qu'il garde bien une trace de tout ce qu'il utilise. Dans ce cadre, le vétérinaire a le droit de laisser des vaccins à l'éleveur, s'il s'agit de vaccins inactivés uniquement. Il peut aussi laisser les médicaments nécessaires, mais pour une durée maximale de 2 mois. Il n'a pas le droit de laisser de traitement hormonal à l'éleveur (sauf le regumate par voie orale, en porcine), et en théorie ne peut laisser de médicaments injectables que pour les animaux qu'il a examinés.

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